Crues en Bretagne : l’eau monte, lentement mais sûrement
- M. Resimatik
- il y a 6 jours
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Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Une montée des eaux persistante en Bretagne
En cette fin de mois de janvier 2026, la Bretagne est littéralement saturée d’eau. Les quatre départements bretons ont été placés en vigilance orange aux crues pendant plusieurs jours consécutifs, et les alertes sont toujours en cours dans l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan. Alors que de nouvelles précipitations sont attendues pour le week-end, la situation reste préoccupante.
Tempête Chandra : goutte d’eau de trop sur des sols déjà saturés
À l’origine de cet épisode prolongé : la tempête Chandra, qui a traversé les îles britanniques en début de semaine après s’être formée en mer Celtique. Elle a apporté entre 20 et 40 mm de pluie supplémentaires dans la nuit de lundi à mardi 27 janvier. Cela pourrait sembler modéré, mais à l’échelle d’un mois de janvier déjà deux fois plus humide que la normale, ces précipitations ont agi comme un catalyseur.
Les records de pluviométrie sont tombés dans plusieurs stations du Finistère :
Sizun : 366 mm au 28 janvier,
Ploudaniel : 296 mm,
Camaret : 215 mm.
Même à Quimper et Brest, les cumuls sont exceptionnels, bien que sans record absolu à ce stade.
Une crue lente, sournoise... et difficile à gérer
Contrairement aux crues méditerranéennes, la montée des eaux en Bretagne est progressive, parfois décalée de 24 à 48 heures par rapport aux précipitations. Cela complique fortement la gestion des risques, d’autant plus que le vent peut ralentir l’évacuation des eaux vers la mer.
À Quimperlé (Finistère), la Laïta est sortie de son lit.
À Malestroit (Morbihan), une crue de 3,41 mètres a été enregistrée. Plus de 80 routes sont coupées, des digues ont été installées à Redon (Ille-et-Vilaine), et une barrière de 500 mètres de long et 1,20 mètre de haut a été déployée avec l’aide de l’armée et de la sécurité civile.
"Dans les régions méditerranéennes avec du relief, on peut rapidement passer de cours d'eau très secs à quelque chose de diluvien en quelques heures, mais en Bretagne, nous ne sommes pas dans ce cas de figure", explique Patrick Galois. "Ici, cela peut prendre plusieurs dizaines d'heures, voire un jour ou deux pour se propager", complète le prévisionniste. Et ce n'est pas tout. "Le vent joue aussi un rôle important, car il peut contrarier l'écoulement des cours d'eau vers la mer", ajoute-t-il au micro de France Info.
Un signal fort du climat qui change
Ces crues lentes, qualifiées de "sournoises" par les élus locaux, sont appelées à se répéter plus fréquemment selon les prévisions climatiques. Patrick Galois, prévisionniste à Météo-France, rappelle qu’une atmosphère plus chaude retient davantage de vapeur d’eau, ce qui rend les précipitations hivernales plus intenses et plus longues.
Ainsi, même si la Bretagne échappe souvent aux épisodes brutaux du sud de la France, elle se retrouve confrontée à des événements d'accumulation lente, mais destructrice, où le ruissellement et les débordements s’imposent malgré des précipitations modérées en apparence.
Resimatik : anticiper la crue lente
Face à ces événements, Résimatik encourage l’adoption de stratégies d’adaptation spécifiques aux territoires :
mise en place de systèmes de ralentissement des écoulements (zones tampons, noues végétalisées, bassins d’orage),
dispositifs temporaires de protection des zones habitées (digues mobiles, batardeaux),
Protection des remontées d'assainissement


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